En 2022, Alizée répond à l’appel à projet de Cultures Connectées porté par la DRAC et la région Nouvelle-Aquitaine, qui requiert une finalité démonstrative. Son choix de partenariat culturel se porte sur Accès Cultures Electroniques, où aura lieu l’exposition de son installation, et où elle rencontre Jean Jacques Gay, directeur de l’association qui la conseille sur la direction artistique du projet. L’artiste travaille maintenant sur sa réalisation ; l’idée est de recréer le système de communication des arbres après incendie, le mettre en parallèle avec nos outils technologiques et le rendre interactif pour le public. Pour mettre tout cela en œuvre, elle fait appel à Patxi Bérard et Denis Geral, deux ingénieurs de l’ESTIA qui l’aident à développer les dispositifs dont elle a besoin.
L’installation est composée de quatre pôles représentant quatre arbres carbonisés imprimés en 3D, faits à base de filaments de cellulose recomposée : un chêne, un pin, un sapin et un bouleau. Près de chaque sculpture, un socle surélevé sur lequel repose une tablette tactile qui transmet une image correspondant à son arbre et réalisée par photogrammétrie, une technique de modélisation 3D utilisée pour mesurer et reconstituer une scène. Ces arbres contiennent des informations numériques, dont leurs coordonnées GPS, et ne peuvent être révélés que par les tablettes. Le public est alors invité à activer les tablettes qui interagissent entre elles grâce à la réalité augmentée collaborative, un outil qui permet à la fois de superposer des éléments virtuels calculés par un programme informatique sur une image, et d’influencer les données d’une tablette à une autre. A l’activation d’une des tablettes, sans ordre précis, une bulle de savon apparaît qui finit par tomber et se cristalliser dans le sol si une autre tablette dans la pièce n’est pas active. Cela incite le visiteur.rice à interagir avec l'œuvre et avec les autres participant.e.s, de se déplacer autour de l'œuvre et de se relayer pour continuer à la faire vivre. À l’image des mycorhizes qui échangent des nutriments, le public endosse ce rôle pour communiquer des informations relatives aux arbres via les tablettes.