Quand vous demandez à Luca Serasini s'il croit que l’art peut faire changer la façon de penser d’un individu, sa réponse est positive, nous pouvons constamment faire évoluer notre manière de voir les choses. C’est même la philosophie personnelle qu’il adopte quand il crée ses constellations et ondes gravitationnelles ; ses installations font transparaître l’évolution de son point de vue et de ses intérêts au fil du temps.
Luca Serasini
Luca a toujours été un amateur d’art ; autodidacte, il s’épanouit dans la peinture et plus tard la musique, aussi bien que son entourage l’incite à prendre la direction d’une carrière artistique. Mais soucieux pour la stabilité financière au sein de sa famille, il laisse l’idée de côté et choisit d’entreprendre des études dans l’électronique et le graphisme éditorial. Dans ce domaine toujours en expansion, les développements technologiques garantiront du travail sur une période assez longue, et les postes ne manqueront pas, son avenir est assuré. Dès la fin des études, il trouve du travail ; il fait principalement de la visualisation de données dans le domaine des sciences, notamment dans le cadre d’usages généraux. Aujourd’hui, il travaille toujours dans un laboratoire d’infographie multimédia, et est amené à collaborer avec divers scientifiques.
Nous sommes dans les années 1990, au début de la carrière professionnelle de Luca qui découvre l’électronique ; il apprend à jouer de la guitare électrique, s’en amuse un temps avec son groupe, mais l’instrument ne satisfait pas pleinement ses besoins créatifs. Alors il se lance dans la peinture, pratique dans laquelle il pourra approfondir son expression personnelle. Il commence par utiliser des médiums et des techniques assez classiques tels que l’aquarelle et l’huile car à ce moment-là, il ne porte pas l’art contemporain dans son cœur, dont il ne comprend pas l’intérêt. En 1996, il participe à sa première exposition de groupe et met son travail en lumière pour la première fois aux yeux du grand public. Le cap est difficile à passer mais Luca y prend goût ; déjà habitué à coordonner les congrès scientifiques, il transpose ses compétences professionnelles dans la sphère artistique et organise ses propres expositions.
En 2003, Luca lit un livre sur l’art contemporain qu’un ami lui conseille ; aussi anodine soit-elle, cette lecture change totalement sa perspective le sujet. Il y découvre ses nouvelles inspirations, Christo et Jeanne Claude, Bill Viola, Robert Smithson et bien d’autres encore. Il comprend le sens de leur travail, allant de l’utilisation de matériaux spécifiques, au processus de création général. Il voit la complexité des différents aspects d’une œuvre, et décide à son tour, de faire des expérimentations artistiques. Il se met immédiatement au travail et présente dès 2004, une première installation d’art vidéo dans laquelle il présente la mer sous différents angles. Elle y apparaît puissante et violente, métaphore des vagues d’émotions et dont le seul conteneur est l’écran qui l’emprisonne.
C’est pendant cette période là aussi qu’il fait un voyage en Grèce, plus précisément en Crète. Terre de Zeus et du Minotaure, il y découvre la culture sacrée du taureau, symbole qu’il affectionne et le fascine. Luca voyage, expérimente de nouvelles façon d’exprimer son art, et n’oublie pas ses inspirations initiales, la mer et la nature. Il essaye la photographie, le roman graphique, les collages, et les installations visuelles interactives.
Le travail sur les constellations et le Land Art semblent être une suite logique de l’histoire, et il en produira un peu partout en Europe. Il ne peine pas à trouver ses sujets tant la sélection est vaste ; toutes les constellations, et étoiles portent le nom de personnages mythologiques grecs, romains, ou arabes. De plus, la culture qui tourne autour du thème est riche alors il devient prévalent dans sa pratique pendant plusieurs années. Mais par désir et par besoin d’en savoir plus, Luca s'intéresse à leur dimension scientifique, cherchant à comprendre la formation des étoiles, et l’existence de phénomènes qui relèvent encore du domaine de la théorie scientifique. Chaque dessin ou graphique issu d’une mission spatiale devient une inspiration pour l’artiste.
La prochaine étape pour lui serait d’explorer les origines du cosmos. Car une chose est sûre, son travail converge toujours vers la nature. Luca habite près de la mer, sinon face à elle pendant son enfance, et se souvient aider son père au potager ; adolescent, il n’aimait pas y passer beaucoup de temps, mais avec l’âge, il a appris à cultiver ces moments précieux, et à apprécier le travail au grand air.
Le Land Art s’est avéré être bien plus qu’un simple médium, c’est aussi une façon pour lui de vivre son art en osmose avec son amour pour la nature.
Luca Serasini est loin d’avoir emprunté le chemin classique d’un artiste, encore moins celui d’un artiste chercheur. C’est son ouverture d’esprit et sa volonté d’apprendre des choses nouvelles qui l’ont guidé sur cette voie.
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